Axel et Laurine Levi, pasteurs principaux de l’Église MFD en région parisienne, ont été destitués "de toutes leurs fonctions ministérielles" pour "des faits très graves". Une révélation choc qui enflamme les réseaux sociaux depuis dimanche.
L’annonce a fait l’effet d’une bombe. Dans un communiqué publié le 29 septembre, l’Église MFD, Mission Faiseurs de Disciples, a révélé avoir destitué "de toutes leurs fonctions ministérielles" celui qui se fait appeler l’Apôtre Axel Levi et sa femme, la pasteure Laurine Levi.
L’organisation évoque "des faits très graves" commis par ces deux personnes. La publication, largement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité des interrogations, de la tristesse, mais aussi de la colère. De nombreux internautes ont également exprimé leur soutien aux membres de l’Église et aux personnes se présentant comme victimes du couple pastoral.
De son côté, Axel Levi a rédigé une lettre ouverte, publiée le même jour. Dans celle-ci, il reconnaît les faits qui lui sont reprochés, dont "le péché d’adultère". Il déclare avoir "eu des relations sexuelles consenties avec certaines femmes de l’église, mais également avec des femmes extérieures à l’église".
Dans sa lettre, il évoque également la suspension de sa femme et affirme regretter "profondément" les conséquences de leurs actes. Laurine Levi n’a, de son côté, toujours pas pris la parole sur ses réseaux sociaux et a désactivé son compte Instagram. Toutefois, une vidéo circule sur les réseaux sociaux dans laquelle on l’entendrait demander pardon à l’Église.
En pleurs et à genoux face aux fidèles, elle aurait affirmé avoir "failli" à son rôle de pasteure. "J’étais censée être un exemple, une bonne bergère et par mes actions je ne l’ai pas forcément été tout le temps", a-t-elle déclaré.
Des allégations selon lesquelles Laurine Levi aurait été victime de violences conjugales ont également été relayées sur les réseaux sociaux. Ces faits n’ont toutefois pas été repris dans les documents officiels.
"Je vous demande simplement de nous pardonner. Et si vous le pouvez, je vous demande aussi de prier pour nous", a conclu Axel Levi dans son communiqué. Les commentaires sous cette publication Instagram ont été supprimés.
"Je demande sincèrement pardon à toutes les personnes que mes choix ont blessées, déçues ou scandalisées. Je demande pardon à ceux qui ont été profondément déçus par mes actes. Je demande également pardon pour le manque d’exemplarité dont j’ai fait preuve et pour le scandale que mes actes ont pu provoquer, aussi bien auprès de ceux qui ne connaissent pas Christ qu’au sein du corps de Christ."
De nouveaux pasteurs ont été établis pour encadrer l’Église, située à Montreuil, en région parisienne.
"L’église MFD tient à affirmer avec la plus grande clarté qu’elle ne cautionne, ne minimise ni ne tolère aucun comportement portant atteinte à l’intégrité, à la dignité ou à la sécurité des personnes, quels que soient le statut ou les responsabilités de la personne concernée."
Un communiqué publié quelques heures plus tard par l’Église MFD Montréal a également annoncé la destitution de celle qui se fait appeler la Prophétesse Déborah, responsable de cette Église, "suite à des fautes très graves".
"Qui était au courant et qui n’a pas parlé ?"
Sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, des dizaines de témoignages ont depuis été publiés. Parmi eux figurent ceux de jeunes qui déclarent avoir été encadrés par Axel Levi et avoir servi au sein de cette Église. Naomie, qui affirme avoir été responsable de la communication de MFD et avoir fréquenté l’Église pendant six ans, a publié deux vidéos sur Instagram dans lesquelles elle dénonce ce qu’elle dit avoir observé.
Selon elle, les relations extraconjugales d’Axel Levi auraient commencé à l’été 2024. Au fil du temps, elle dit avoir constaté de "nouveaux vices", dont elle aurait parlé avec lui, sans pour autant le dénoncer publiquement. À plusieurs reprises, elle reconnaît ce qu’elle considère être son erreur : ne pas avoir dénoncé les faits plus tôt. Lorsqu’elle comprend que les choses ne changeront pas et que personne n’agit, elle affirme avoir fait "tomber le château de cartes" en août dernier, en dévoilant des informations.
L'affaire a ainsi été dévoilé après que le culte dominical a été interrompu par plusieurs personnes venues demander des explications. Des images de cet épisode ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux.
"Qui était au courant et qui n’a pas parlé ?", lance-t-elle en colère. Elle dénonce notamment ce qu’elle présente comme une fausse loyauté mise en avant dans l’Église ainsi que de la manipulation. Dans les commentaires, certains internautes évoquent également de "l’idolâtrie" envers le pasteur.
Même si elle reconnaît que les relations évoquées étaient consenties, elle estime que ces femmes pourraient également être considérées comme des victimes, affirmant qu’elles auraient été "manipulées" et auraient subi "de l’abus de pouvoir".
Une vidéo mettant également en cause pour les mêmes raisons Jonathan Gambela, pasteur principal de l’Église Nouveau Souffle à La Courneuve, avait circulé sur les réseaux sociaux. Cette accusation a ensuite été démentie par la personne qui l’avait initialement formulée, ainsi que par Axel Levi et Jonathan Gambela lui-même. Dans une vidéo publiée le 28 septembre, le pasteur avait affirmé donner rendez-vous "devant les instances compétentes" à ceux qui le diffament.
Toute personne ayant été "victime d’un quelconque abus spirituel" est invitée à contacter l’organisation par mail à l’adresse [email protected].
Mélanie Boukorras